
Avec beaucoup d’humour et de justesse, cette comédie autour d’une procédure de nullité de mariage catholique, va permettre à tous les protagonistes, les ex-époux et leur nouvelle et ancienne familles, de redéfinir ce qui les lie et la force de l’amour passé, présent et à venir.
C’EST QUOI L’AMOUR de Fabien Gorgeat. France, 2026, 1h40. Avec Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lyes Salem et Mélanie Thierry. Sélection Rencontres du sud 2026
Marion, catholique pratiquante, aimerait se marier à l’église mais Fred, son futur conjoint, a déjà été marié religieusement. Un cousin prêtre leur conseille une reconnaissance de nullité de mariage, que l’Eglise catholique peut accorder (ou pas) à travers une longue procédure administrative. Fred prend contact avec son ex-femme, Marguerite. Celle-ci, en couple depuis des années avec Sofiane, est tout à fait partante pour répondre à cette demande, ce premier mariage n’étant plus pour elle qu’un lointain souvenir.
Mais dès l’ouverture du processus pour valider la nullité du mariage, les premiers questions inquisitives surprennent Marguerite et font aussi vaciller Fred. S’aimaient-ils vraiment il y a 20 ans ? Etaient-ils trop jeunes pour s’engager ? Une maladie mentale ? Il y a aussi la question des enfants : Marguerite et Fred ont ensemble une grande fille, Léa. Que devient-elle si leur mariage est annulé ?
Sofiane, le conjoint de Marguerite, finit par s’inquiéter du temps qu’elle consacre à cette démarche, ou à son ex-mari, notamment lorsqu’il la voit prendre autant de plaisir en regardant le vieux dvd de leur mariage. Pendant ce temps Raphaëlle, leur fille adolescente, vit son premier amour avec toute l’innocence et la passion de son âge, comme un reflet de toute union en devenir.
Le scénario du film suit au plus près la procédure demandée par l’Eglise catholique en cas de demande de reconnaissance de nullité de mariage. Si dans un divorce civil, les problématiques tournent essentiellement autour des finances et de l’administratif, ici, il faut revenir à la source même du mariage. Hormis les cas extrêmes (comme les violences conjugales ou la non-consommation du mariage), pourquoi s’est-on séparé et surtout pourquoi s’est-on marié la première fois ? Marguerite et Fred sont contraints de questionner la profondeur du lien les unissant, la sincérité de leur serment à 20 ans.
Sur un sujet aussi délicat, et autour d’une procédure administrative et canonique aussi ancienne que rébarbative, le réalisateur Fabien Gorgeat trouve le ton juste pour en parler avec humour, tout en respectant les choix de chacun.
Dans la scène finale Léa, la fille de Marguerite et Fred, prend la parole et dans un discours très émouvant, montre combien la façon actuelle de faire famille est poreuse, incluant les beaux-parents et les sœurs ou frères des fratries recomposées, non pas comme un fractionnement de l’amour mais comme sa multiplication.













